[Témoignage] : l’accouchement physiologique de Pauline en maternité

Voilà un petit récit de la naissance de mon petit chat qui est arrivé avec 15 jours d avance le 03 décembre 2020, c’est un bébé du confinement numéro 1 et après une grossesse émaillée de nombreux maux ( hyperémèse gravidique mal prise en charge, merci le covid et les rdv médicaux compliqués à avoir) nous avons construit en duo avec mon mari le projet de naissance qui nous correspondait. Dans l’idéal nous rêvions d un accouchement à domicile ou en maison de naissance, mais cela ne se pratique pas dans notre région…nous avons donc du nous rendre à la maternité du chu de type 3 le plus proche. Nous n étions pas emballés par cette idée et pourtant nous y avons trouvé des équipes physio formidables…

Tout commence la nuit du mardi 1er décembre. Je cherche le sommeil, mais sans succès,  je me tourne et me retourne, enfin j’essaie…vu mon ventre et ma mobilité,  et d un coup je sens comme une bulle qui éclate et un liquide chaud. Je comprends que je perds les eaux, mais sans contractions. Durant quelques minutes j’ai peur pour mon beau projet physio. Je réveille mon mari mais je sais qu’il va avoir besoin d être en forme donc je le laisse dormir encore un peu. Je vais prendre une douche, je sais que je vais devoir partir a la maternité bientôt alors que le travail n a pas encore commencé. Je décide de me lancer dans une séance de sophrologie sur mon ballon de grossesse pour chasser mes peurs et mes angoisses qui ne peuvent qu’interférer encore plus avec me début du travail… je le sais.

 
2h plus tard, j’ai quelques contractions mais rien de franc. Nous partons quand même pour la maternité. Arrivés à la maternité, ce que je craignais est bien là : le col commence seulement de travailler, mais la poche des eaux est bien percée. Je dois donc rester là-bas et attendre. On parle de notre projet, on donne des copies (nous l’avions fait valider auparavant), on donne même un résumé avec des images au cas où ! Et j’insiste sur le fait que j’ai besoin de mon mari, covid ou pas. On me fait une dernière écho et nous voilà soulagés, tous les voyants sont au vert pour laisser faire la nature sans interférence médicale, mais à condition que je reste dans une chambre sur place. 
J’y consens uniquement si mon mari peut rester. On valide le principe et on monte tranquillement s’installer en chambre. Chéri va chercher mon ballon, mes encas, bref nos petites affaires pour recréer notre cocon d amour.

A 14h le test covid obligatoire est revenu négatif,  on peut donc aller se balader à notre guise. Nous partons marcher pour aider le travail à se lancer,  une balade en amoureux pour un maximum d’ocytocine. Je ne veux pas me reposer, j ai trop hâte !

A 17h00, je suis sur mon ballon, les contractions sont là, régulières toutes les 4 minutes. Je gère, je respire, je reste mobile, je laisse mon corps faire. Les sensations s’accentuent, je ne parlerais pas de douleurs car la douleur c’est le signe que quelque chose va mal, là c’est tout l inverse. Je sens que mon corps se transforme,  c’est profond et intense, mais utile. Je gère une vague après l’autre et instinctivement je me mets à émettre des sons graves en « ohm » en plus de la visualisation pour gérer l intensité.  On m’a prévenue qu’ayant déjà perdu les eaux, ça sera encore plus intense. Je pars sous la douche, l’eau qui coule m’apaise. J’y reste 2 ou 3h , je suis dans ma bulle, mon mari est là,  il m’accompagne, il veille. Je sais qu’il est le gardien de notre projet. A cet instant, il gère les échanges avec la sage femme qui vient voir comment je vais. 

A 3h du matin la fatigue m’attaque, je sens que je me fais submerger,  je doute, je demande un toucher vaginal pour savoir où j en suis. Mauvaise idée… je suis à 2cm a peine, je craque, je prononce le mot interdit : péridurale. La sage femme prend le relai, elle me dit que je suis formidable que j’ai géré à merveille et que si j’arrive à me reposer un peu, ce cap va passer.


J’ai mes deux coachs avec moi, je reprends mon second souffle et je parviens à  me reposer. Je sens les vagues plus efficaces, mon corps détendu s’ouvre enfin. Je passe de 2cm à 8 cm en 30min. Mon cerveau se déconnecte.

6h du matin. Je descends en salle de naissance, mais je ne vois pas ce qui m’entoure. Je suis à 4 pattes en appuis que mon ballon, je sens la main de mon mari et mon bébé qui descend doucement, les sensations sont différentes,  le côté « douloureux  » s’est évanoui. C’est animal, je souffle, je sens, je vocalise toujours. Il me semble que 20 minutes se passent mais en fait il faudra 4h de plus pour que bebe soit sur « la ligne d arrivée ». Les sensations changent, je veux et je dois « pousser », ou plutôt mobiliser mes muscles pour aider bébé dans sa dernière avancée. Il est là, je le sens…mon périnée un peu trop tonique est la dernière barrière à franchir. Je change de position à l’instinct, je me mets sur le côté. Mon équipe de supporters, sages femmes et mari, est formidable,  je me sens puissante, je touche avec ma main et je sens la tête de mon petit cœur juste là… en une fraction de seconde sa tête est sortie…mon corps fait le reste naturellement. Je récupère bébé et je le pose sur moi, les yeux dans les yeux, il rampe jusqu’à mon sein. La nature est formidable,  il est merveilleux et j’ai l’impression d être Wonderwoman ! A cet instant je suis invincible !

On prend notre temps, papa coupera le cordon un peu plus tard, nous sommes tous les trois, on ne fait qu’un. La délivrance du placenta sera naturelle et rapide. La sage femme nous propose de nous montrer et de nous expliquer ce qui est vérifié dans le placenta. Elle doit me faire quelques points, je garde bébé sur moi et elle m’explique. On se met d’accord sur le nombre de points et ce qui peut être laissé à une cicatrisation naturelle.

Tout se passe en douceur et avec respect. Nous sommes tous les trois en pleine forme dans le respect de nos souhaits. Bebe n’est pas lavé, il est nu contre moi. Trente minutes après avoir accouché, je suis debout et je marche, prête à conquérir le monde pour mon petit homme !

Eliott est né,  il fait 3k750, nous sommes comblés. Nous passerons les deux prochains jours en peau à peau avec papa ou maman.  Jamais de tout notre séjour la question du masque n’a été posée,  notre seule restriction fût celle des visites réduites de papa après la naissance, mais nous sommes rentrés à la maison 48h plus tard.


J’espère que ce témoignage pourra être utile. On a voulu plus d’une fois me décourager :  » gros bébé; premier enfant: vous n y arriverez pas; physio, ça ne sera pas possible » et bien si c’est possible. Il aura fallu 31h en tout, mais je recommencerai tout pareil s’il fallait ! Nous sommes puissantes !


Pauline .

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