[Témoignage]: l’accouchement à la maison de Lucile

J’étais à 41 SA + 2

Le matin nous étions allés à Lenval (clinique) pour un monito et une écho de contrôle. Il n’y avait rien à signaler et nous sommes repartis avec menaces de déclenchement pour le samedi si bébé n’était toujours pas arrivé. 
Amélie (Ma sage-femme) m’a demandé l’autorisation pour communiquer avec l’âme de mon bébé et m’a conseillé de faire de l’acupuncture, de marcher beaucoup et le soir venu de se faire plaisir, de se lâcher, de lâcher prise. En gros : faire l’amour et boire un peu de champagne (un demi verre suffit dans mon cas étant donné que je ne bois pas depuis 4 ans). 

J’avais rendez-vous pour l’acupuncture à 18h. Le rendez-vous étant au bord de mer on en a profité pour balader, Nola s’est même baignée. 

Je sentais Vincent encore inquiet pour l’accouchement à domicile car avec toutes les difficultés qu’on a eu il avait l’impression que c’était des signes et qu’on devrait décider d’aller directement à lenval quand le travail aurait commencé. Je n’étais pas d’accord, moi ce que je voyais c’était tout ce qui se mettait en place afin de nous aider à mener à bien notre projet. 

L’acupuncture a aidé de bien des façons. Organiser mes énergies mais aussi celles de Vincent car Marianne l’a beaucoup rassuré sur notre projet, que tout allait bien ce passer et qu’on aurait notre revanche. Quand nous sommes repartis de là, Vincent était transformé, enfin apaisé et prêt. 
Mes premières contractions de travail ont commencé vers 21h et revenaient toutes les 10 minutes.  

Je suis allée coucher Nola et quand je suis revenue dans le salon Vincent avait allumé des bougies, ouvert le canapé en lit et sorti le champagne. Nous avons bu, avons fait l’amour puis mis un film (Very Bad Trip 3, histoire de ne pas avoir besoin de réfléchir). Pendant tout le film je suis restée sur mon ballon. A un moment je suis allée chercher mon collier d’accouchement préparé par les filles pendant mon blessing way, ainsi que les bougies que j’avais prévue ( une offerte pour mon blessing way avec leurs vœux, une offerte pour le blessing way de ma filleule, et une qui vient de notre mariage). 
Je ne regardais pas la fréquence mais petit à petit, elles devenaient de plus en plus inconfortable. On arrivait vers la fin du film quand j’ai prévenu Vincent qu’il allait être temps de commencer à m’aider pendant les contractions et que c’était pas le moment de s’endormir ! Il était a peu près minuit. 

Une fois le film fini, j’ai mis la playlist que j’avais prévu et nous avons essayé de nous reposer en vue d’une longue nuit. J’ai tenté de m’allonger un peu mais j’avais besoin d’être mobile, les contractions une fois allongée étaient beaucoup moins gérable. Alors je me suis remis sur mon ballon et pendant les contractions j’ai testé un peu tout ce que j’avais pu apprendre. Marcher, faire des vocalises, vincent qui me masse le bas du dos, rester sur le ballon, se suspendre … 
Très vite j’ai surtout fait des vocalises en me suspendant au cou de Vincent. Il vocalisait quand je reprenais mon souffle de manière à maintenir ma bulle tout en me massant le dos.
Vers 2h du matin, j’avais des contractions environ toutes les 5 minutes. Vincent a voulu appeler Amélie, je savais que c’était trop tôt mais je crois qu’il avait besoin d’être rassuré et de la mettre au courant. Nola s’est réveillée a ce moment là, je suis allée la recoucher et il en as profité pour appeler Amélie. 
Après qu’il lui ai expliqué, elle a voulu me parler et a senti que je n’étais pas encore totalement embarquée car encore capable de blaguer. Elle nous as demandé si on voulait qu’elle vienne maintenant ou pas, je lui ai dit que ce n’était pas nécessaire du coup on devait la rappeler quand mes contractions seraient toutes les 3-4 minutes. Mission pour Vincent puisque mon but était de déconnecter totalement. 

J’avais prévu tout le matériel nécessaire (demandé par la SF) dans une étagère qui était dans notre chambre. Du coup j’ai demandé a Vincent de la sortir histoire de ne pas réveiller nola (nous dormons tous dans la même chambre). On a continué à gérer tranquillement les contractions, je suis allée plusieurs fois aux toilettes, signe que le travail avançait bien. Les contractions devenaient intenses d’un coup, je ne sentais plus la vague monter progressivement, l’instant d’avant je n’avais rien et celui d’après toute l’intensité me submergeait. A ce moment là j’ai accepté que Vincent me prépare un bain (ça faisait un moment qu’il me le proposait mais je ne voulais pas y aller trop tôt, de peur de ralentir le travail et de me lasser de l’effet du bain). 

Quand je suis rentrée dans l’eau, il ne me l’a pas dit mais j’étais à des contractions toutes les 2-3 minutes et une fois immergée il a appelé Amélie et notre doula Maryline. 
A ce moment là je n’étais déjà plus là, totalement dans ma bulle, chaque contractions étant intense. Je m’étais mis à genoux dans la baignoire de façon à avoir le ventre dans l’eau et Vincent me massait intensément le bas du dos (c’est fou comme ça soulage en détournant l’attention, appuyant là où ça fait mal , et puis le contact de l’être aimé tout simplement). La notion de temps n’a plus de valeur dans ses moments là, seul compte le rythme des contractions et d’essayer de se détendre entre chaque. 
Je commençais à avoir des fourmis dans les jambes et les bras qui tremblent à force de me soutenir dans cette position mais chaque fois que je tentais de m’allonger, je devais vite revenir à quatre pattes pour accueillir une nouvelle vague. Je vocalisais de plus en plus fort, seul moyen de garder le « contrôle » et faire sortir toute cette énergie qui me traversait. Les filles sont arrivées a peu près en même temps, vers 3h45 d’après Vincent. Apparemment il était temps car il commençait a stresser que le bébé arrive mais ce n’était pas encore le moment.
Mes « vocalises » ont fini par réveiller nola, du coup il est sorti de la salle de bain et les filles ont pris le relais auprès de moi. A peine consciente de mon environnement j’ai lâché un faible  « coucou » entre deux contractions. Amélie a tout de suite vérifié le cœur du bébé (tout va bien) et Maryline a commencé à me masser puisque les vagues s’enchaînaient. 
A ce stade je ne sentais plus mes jambes, mes bras ne me portaient plus et ma tête reposait lourdement sur le bord de la baignoire. Maryline m’a mis une serviette sous la tête et a massé mes jambes pour essayer de les faire revenir un peu. 
Les vagues ne me laissaient pas de répit, je ne sais pas exactement qui était là avec moi, Vincent et Maryline se relayant auprès de nola qui refusait de retourner dormir. Amélie a vérifié plusieurs fois le cœur du bébé, parfois pendant longtemps et un coin de ma tête était bloqué sur ma fille réveillée et sur le cœur de mon bébé. 

Chaque vague devenait vraiment douloureuse et je me suis plainte plusieurs fois d’avoir mal. Vincent me manquait et j’étais épuisée. J’ai fini par m’allonger sur le côté (toujours dans la baignoire) espérant récupérer des sensations dans les jambes. Mais les contractions ont pris une autre dimension dans cette position, j’avais du mal à me détendre, broyant la main qu’on voulait bien me donner puis essayant de garder une respiration profonde. Je prenais souvent des faux départs puis tâchait de retrouver mon calme sachant que ce serait encore plus douloureux en me crispant. Intérieurement je me répétais les mantra que j’avais pu lire dans des récits « je vais être grande ouverte », « je vais avoir mon bébé », « chaque contraction me rapproche de la rencontre ». A ce stade je n’en pouvais franchement plus, criant plus que je ne vocalisais, je commençais à avoir envie de pousser mais Amélie me l’avait défendu car il restait du col. Me retenir de pousser à été le plus difficile et douloureux mais je lui faisais confiance et quand mon corps commençait à pousser je luttait pour me détendre. J’appris plus tard que j’étais au sommet: la phase ultime du vortex avant la poussée.

Ce moment là a été le plus difficile pour moi. Je ne devais pas pousser et m’efforçait de faire vibrer mes lèvres (détendre celles du haut pour celles du bas) afin de réussir a enfin être à dilatation complète. Pendant ce temps Vincent me chuchotait à quel point il était fier de moi:  « tu l’as ta revanche mon cœur ».  Amélie a essayé de m’aider un peu car elle sentait que je n’en pouvais plus et a poussé un peu le dernier bourrelet de col car il ne manquait plus grand chose. 
Pour finir de me détendre et laisser enfin le passage à mon bébé, Amélie est sortie et nous a laissé en amoureux. C’était ce qu’il me fallait et à peine quelques minutes après j’ai eu une envie impérieuse de pousser. Je me suis mise à hurler pour appeller Amélie, « est-ce que je peux pousser ?? » (Mon corps avait déjà commencé mais j’étais restée sur le fait que je ne devais pas encore). Après une rapide vérification, « oui c’est bon tu peux y aller ». Je m’en suis donnée à cœur joie tellement ça me soulageait de pousser. La douleur était encore là mais pousser dessus et enfin agir a été libérateur pour moi. D’autant plus que ça signifiait que mon bébé arrivait enfin. 
Les sensations pendant la poussée sont difficile a décrire, je sentais mon corps s’ouvrir, mon bébé descendre. J’ai poussé très peu de temps, mais tout le long de chaque contractions ou en deux fois. Ou plutôt mon corps a poussé. Rien a voir avec le « poussez madame » sous péridurale, là c’était tout mon corps qui se contractait et poussait exactement là où il fallait.

Je m’étais remise accroupie pour pousser et après une longue poussée sa tête est sortie. J’ai entendu Amélie me dire de ne pas me mettre en arrière car il avait la tête hors de l’eau, je lui ai dit de vider la baignoire, une nouvelle contraction est arrivée, j’ai poussée et tout son corps est sorti. Enfin. Amélie l’avait réceptionné et m’a demandé si je voulais le prendre.

« Non ». C’était étrange. Je savais qu’il était là derrière moi, mais je n’étais pas encore prête. J’avais besoin de redescendre. J’entendais Amélie et vincent lui parler, le rassurer et lui expliquait que maman était juste à côté. Amélie le faisait flotter à la surface de l’eau. J’avais confiance alors j’ai pris mon temps avant de dire que j’étais prête.

Il était derrière moi alors quand je me suis sentie prête j’ai dû lever la jambe pendant qu’Amélie le faisait passer par en dessous (le placenta étant toujours en moi). J’ai attrapé mon bébé et je suis restée là à genoux, lui contre moi et Vincent qui nous pris dans ses bras en pleurant. Nous étions le 07 juin et Swann est né à 05h08.

Une fois mon bébé emmitouflé dans une serviette, Amélie est sortie de la salle de bain afin de nous laisser nous rencontrer tous les trois. J’étais sonnée et tout ce dont j’avais conscience c’était que mon bébé était né et que Vincent nous regardait en pleurant.

Puis Amélie est revenue me voir, me rappelant que l’accouchement n’était pas fini et qu’il fallait encore délivrer le placenta. Je n’avais pas de contractions alors on a attendu un peu puis comme il ne se passait toujours rien, je me suis mise à genoux (toujours dans la baignoire), mon bébé dans les bras et j’ai poussé un peu pendant que Amélie t’irait un peu sur le cordon. Le placenta était juste là, posé sur le col alors il est sorti tout de suite, entier. Amélie l’a vérifié puis l’a déposé dans le saladier que l’on avait prévu afin que je puisse sortir de la salle de bain et aller m’allonger dans mon lit.

Une fois dans le lit au chaud, Swann a voulu téter,  le début de l’aventure a commencé… 

Lucile.
(une.famille.de.decembre sur instagram)

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