Les cinq hormones clés de l’accouchement physiologique

Pour que le travail d’accouchement s’active, il existe un mélange d’hormones complexes ayant un rôle clé dans la préparation du corps au travail d’accouchement, dans la mise en route du travail, puis dans la régulation et le rythme des contractions (Gaskin). Ces hormones stimulent aussi les réactions de la mère et du bébé lors de l’accouchement et la naissance (émotions, actions, mouvements,…).

Il existe donc cinq hormones clés lors de l’accouchement, dont il est important de comprendre les mécanismes et les rôles pour être pleinement sereine face à tous les chamboulements corporels et mentaux qu’implique la naissance.

1. Les prostaglandines 

Tout d’abord les prostaglandines sont des molécules d’acides gras insaturés produites par de nombreux tissus dans l’organisme. Elles sont sécrétées durant tout le dernier trimestre de la grossesse et de façon plus conséquente le jour de l’accouchement. Elles ont un rôle de préparation. Elle agissent sur la maturation du col et son ramollissement en prévision du travail.

2. L’ocytocine

Les mécanismes et rôles de l’ocytocine

L’ocytocine est une hormone sécrétée essentiellement au niveau du cerveau, dans l’hypothalamus et l’hypophyse, agissant principalement sur les muscles de l’utérus et les glandes mammaires. Son nom signifie « accouchement rapide« . Elle a donc un rôle essentiel dans la reproduction, de la conception à la naissance. Elle a aussi un rôle dans les liens affectifs, l’amour, la confiance, l’empathie, la reconnaissance sociale, les comportements maternels, etc.

L’ocytocine, pendant la grossesse

L’ocytocine est l’hormone de la maternité. Elle est sécrétée tout au long de la grossesse, puis encore plus abondamment durant le dernier trimestre, et encore plus durant l’accouchement et à la naissance.  Pour Karine, sage-femme et blogueuse, le dernier trimestre de la grossesse est celui de l’ocytocine.  Durant ces derniers mois de grossesse, l’utérus se met à bourgeonner de récepteurs à l’ocytocine. Cela prépare l’accouchement à venir. Elle relate que c’est « le trimestre idéal pour se faire plaisir, passer du bon temps pour soi, faire l’amour, manger ce dont on a vraiment envie, s’offrir une nouvelle robe, voir des copines, s’offrir un souper en amoureux, bref jouir de la vie« .

L’ocytocine, pendant l’accouchement et à la naissance

L’ocytocine est donc l’hormone clé de l’accouchement. Durant le travail, elle est responsable des contractions utérines, de leur rythme, de leur intensité. Elle permet un accouchement plus rapide. Lorsque bébé passe dans le vagin pour l’expulsion, un pic d’ocytocine chez la mère et le bébé stimule « la chorégraphie instinctive à laquelle ils se livrent » (Gaskin) appelé communément le « tomber amoureux« , cet émerveillement mutuel. L’ocytocine est donc aussi l’hormone de l’amour, de l’attachement, du plaisir. Elle permet ce tomber amoureux entre une mère et son bébé et leur attachement réciproque

Ce pic d’ocytocine à la naissance d’un bébé est le plus élevé qu’un mammifère puisse connaître dans sa vie. En plus de ce rôle dans l’attachement mère-bébé, ce pic permet aussi le réflexe d’éjection du placenta dans les 20 à 30 minutes après l’expulsion du bébé. Enfin, il aide l’utérus à se rétracter après l’expulsion pour retrouver sa taille et position initiale.

Pour Karine, sage-femme, « jamais dans sa vie l’utérus ne sera aussi saturé d’hormone de l’amour que pendant un accouchement. C’est ainsi, et seulement ainsi, que la femme accouche et que les bébés naissent depuis que le monde est monde. » (source)

L’ocytocine : maternage et allaitement

Pour la Leche League (LLL), l’ocytocine est également l’hormone du maternage et de l’allaitement. Lors des contacts et soins du bébé (peau à peau, massage, câlins, portage, cododo, etc.) la mère et l’enfant reçoivent des montées d’ocytocine entraînant détente, sérénité, calme et bien-être chez chacun. L’ocytocine « est un médiateur des expériences émotionnelles dans les relations proches » (LLL).

Ensuite, avec ces contacts mère-bébé et les premières tétées, il y a une forte libération d’ocytocine. Au cours de la tétée, l’ocytocine stimule l’excrétion du lait, appelé aussi le réflexe d’éjection, « en favorisant la contraction des cellules myoépithéliales qui entourent les alvéoles des glandes mammaires » source).

D’après la LLL, « le réflexe d’éjection du lait, contrôlé par l’ocytocine, permet le transfert du lait vers le bébé. Il est diminué par le stress, la douleur, les émotions négatives, la consommation d’alcool, de tabac. Par contre, le contact peau à peau après la naissance augmente la libération d’ocytocine, surtout si le bébé avec sa main vient stimuler le mamelon de sa mère« , et les premières tétées.

Ainsi, nous allons voir que l’ocytocine a une ennemie : l’adrénaline, produite par les émotions négatives et le stress.

3. L’adrénaline 

Tous les mammifères sécrètent de l’adrénaline lors de dangers, leur permettant alors de fuir ou combattre. Même l’être humain donc !

Mécanismes et rôles de l’adrénaline

L’adrénaline est une hormone et un neurotransmetteur sécrétée par le système nerveux central et les glandes surrénales. Son nom signifie « près du rein« . Elle est sécrétée chez tous les mammifères « en réponse à un état de stress ou en vue d’une activité physique, entraînant une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la vitesse des contractions du cœur, une hausse de la pression artérielle, une dilatation des bronches ainsi que des pupilles » (source). Elle répond à un besoin d’énergie, par exemple pour faire face au danger, pour fuir.

L’adrénaline : le grand ennemi de l’ocytocine, et donc de l’accouchement

Pour Karine, sage-femme, il existe une rivalité entre ocytocine et adrénaline.  Elle relate que l’adrénaline est « le pire ennemi de l’ocytocine« . Elle explique : « quand la femme qui accouche en sécrète (de l’adrénaline), cette hormone de survie vient se coller sur les récepteurs d’ocytocine de l’utérus, et leur en bloque l’accès pour des heures durant« .

Lorsque l’environnement de la naissance (lieu, personnes, protocoles, contraintes, interruptions, etc.) devient « menaçant » pour la femme, et qu’elle ressent de la peur et du stress, « se méfie, se crispe, alors la cascade anti-physiologique de l’accouchement se met en marche. L’adrénaline prend du terrain et sature les récepteurs d’ocytocine » (Karine, sage-femme).

Résultat ? les contractions diminuent, leur efficacité est moindre. Le corps de la femme est critiqué, dit peu performant et requérant de l’aide extérieure. On médicalise alors la femme à gogo : injection d’ocytocine de synthèse, épisiotomie, forceps, ventouses, césarienne…

Ainsi, l’adrénaline est l’hormone opposé de l’ocytocine. Cette dernière joue un rôle accélérateur de l’accouchement (stimule les contractions de l’utérus et l’ouvre). L’adrénaline joue le rôle de frein.  Un niveau élevé d’adrénaline accélère le rythme cardiaque et nous rend plus fort et plus rapide pour nous permettre de combattre ou de fuir.  Elle peut provoquer le ralentissement, voire l’arrêt du travail. Lors de naissance à l’hôpital il est très fréquent de voir l’effet négatif de l’adrénaline sur le travail d’accouchement des femmes. Souvent, une fois arrivées à l’hôpital, leur contractions se calment, voire s’arrêtent. Parfois c’est l’inverse : la mère ressent une telle peur et donc un tel niveau d’adrénaline que le travail s’accélère d’un coup pour en finir au plus vite, pour éviter le recours à la césarienne ou aux autres pratiques comme l’épisiotomie.

4. Les endorphines 

Les endorphines sont de véritables analgésiques naturels. Leur nom signifie « morphine endogène ». Les endorphines sont sécrétées par le complexe hypotalamo-hypophysaire  lors d’activité physique intense, excitation, douleur et orgasme. « On les retrouve entre autres dans le cerveau et la moelle épinière ainsi que dans le système digestif. Comme les opiacés, et en particulier la morphine (d’où leur nom), elles ont une capacité analgésique et procurent une sensation de bien-être voire d’euphorie » (source).

Lors de gros efforts physiques, comme un accouchement physiologique, le niveau d’endorphines augmente surtout si l’on a bien chaud, si on se sent aimée et soutenue, et avant tout si la mère n’a pas peur (Gaskin). La peur et le stress, vous l’aurez compris, bloquent tous les récepteurs des bonnes hormones propices à la physiologie d’un accouchement en les saturant d’adrénaline. Quand la femme est pleinement détendue et sereine, les endorphines bloquent très efficacement la perception de la douleur. Elles apportent aussi à la femme ce sentiment de satisfaction qui résulte d’un travail qui progresse bien.

Retour d’expérience : Pour mon accouchement (à domicile), clairement, je n’ai pas eu l’impression d’avoir mal grâce aux endorphines et à l’ocytocine. Du moins, je n’ai pas souffert et mon vécu n’a été à aucun moment négatif. Je n’arrive pas à qualifier de « douloureux » mon travail d’accouchement. L’expression plus appropriée serait des sensations intenses et puissantes traversant mon corps. J’étais tellement confiante et sereine quant à ma capacité à mettre au monde mon bébé seule que la physiologie a fait son travail à 100% ! Puis, l’environnement familier de la maison familiale, la présence rassurante de mon extraordinaire sage-femme, le contact constant de mon amoureux qui m’enlaçait ont fait que toutes les hormones propices à l’accouchement physiologique étaient libérées à foison ! J’étais clairement shooté aux endorphines, je planais… J’étais à la fois ici et ailleurs. Loin, dans cette bulle merveilleuse et protectrice dont je vous parle tant <3. Pour en savoir plus sur mon accouchement physiologique à la maison je vous invite à lire cet article. Je vous donne des conseils, basés sur ma propre expérience et mes connaissances, pour accoucher physiologiquement dans cet article et celui-là.

Ainsi, une des clés pour qu’un accouchement se déroule sans souffrance et 100% physiologiquement, reste de ne pas stresser, et d’être au contraire détendue, confiante, sereine et entourée d’amour et de personnes de confiance.

C’est d’ailleurs pour vous aider à trouver cet état que j’ai créé ce site :D. 

5. La prolactine

Mécanismes de la prolactine

La prolactine est une hormone sécrétée par l’hypophyse. Elle a un rôle important dans la lactation chez les mammifères. Cette hormone a trois effets :

  • « un effet mammotrope (croissance des glandes mammaires) ;
  • un effet lactogénique (stimulation de la synthèse du lait) ;
  • un effet libidinal (en participant à la sensation de plaisir et de bien-être après un orgasme). » source.

D’après la Leche League, lors de la naissance, l’expulsion du placenta entraîne la chute du taux de progestérone et d’oestrogènes  (qui inhibaient la sécrétion de lait). Ce phénomène déclenche l’arrivée du lait en abondance (la « montée de lait») vers le troisième jour. Avant cela, les glandes mammaires sécrètent du colostrum, véritable lait d’or aux multiples vertus (protéines et anticorps indispensables à l’immunité). Lors de la montée de lait, le lait est sécrété continuellement au niveau des alvéoles où il est stocké jusqu’à la tétée. Cette production du lait est régulée par des hormones, principalement la prolactine qui « crée un climat hormonal propice à la fabrication du lait, et l’ocytocine qui fait travailler les muscles pour faire sortir le lait dans la bouche du bébé » (LLL). Elle est donc responsable de la livraison du lait.

Succion à la demande = lactation

D’après la LLL, « c’est la succion efficace du mamelon qui fait sécréter ces hormones. S’il n’y a pas cette extraction du lait par le bébé ou par son représentant, le tire-lait, il n’y aura pas production de lait en quantité suffisante pour nourrir le bébé et la glande mammaire va involuer jusqu’à la grossesse suivante » (LLL).

Ainsi, chaque fois que l’enfant tète, le taux sérique maternel de prolactine augmente (cet effet est également obtenu avec toute stimulation mammaire). Ces pics de prolactine stimulent la production lactée. 

Cependant, les hormones ne font pas tout : « Il existe à l’intérieur du sein un mécanisme qui régule la production du lait pour répondre à la demande imprévisible de l’enfant, sans produire du lait inutilement si le sevrage est commencé » (LLL). C’est la fréquence des tétées et leur efficacité, et donc le respect de la demande de l’enfant en fonction de son âge, de son poids, de son appétit, de son état de santé qui permet la mise en place d’une bonne lactation. Pour que la quantité de lait dont l’enfant a besoin pour bien grossir et grandir soit produite, il faut qu’il puisse avoir accès librement au sein à sa demande, qu’il tète efficacement, qu’il ait le temps dont il a besoin, et qu’il vide bien les seins pour qu’ils puissent se remplir à nouveau.

A très vite pour de nouveaux articles traitant de la physiologie de l’accouchement 😀

😀

Lo.

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Références :

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1424

https://www.lllfrance.org/1145-59-comment-fabrique-t-on-du-lait

3 commentaires sur « Les cinq hormones clés de l’accouchement physiologique »

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