[Témoignage] : Les trois accouchements en maternité de Mathilde

Je suis la maman de 3 enfants, 3 grossesses et 3 accouchements, qui se sont tous très bien passés mais bien différemment. Il ne s’agit pas là de dire qu’il y a de meilleurs modes d’accouchements que d’autres, toutes les mamans sont des héroïnes, mais juste de raconter mon vécu et l’évolution de mes attentes…

Je passe mes grossesses sous anticoagulants, ce qui fait que à moins de 12h de la piqure impossible de faire une péridurale ou rachianesthésie… De plus certains médecins sont persuadés qu’il y a un risque plus élevé d’hémorragie, ce qui d’après la bibliographie n’est pas vrai. Généralement on déclenche pour être loin de la piqure (ce n’est bien sûr pas recommandé par les instances de santé). Ce qui fait aussi que je dois être suivie par un gynéco, et non par une sagefemme. Je n’ai pas le droit d’aller dans une maison de naissance…

Je vais raconter les 3 pour bien montrer la différence et mon évolution.

Pour mon premier, mon gyneco m’a indiqué une maternité ou aller. Bonne réputation. Je n’avais jamais réfléchi à la physiologie de l’accouchement. Tout ce que je connaissais c’était Baby Boom…. Je m’y suis inscrite. Je m’étais dit que j’irais le plus loin possible sans péri (ou jusqu’à ce que j’ai le droit en cas de piqure proche) … Je n’étais faite à l’idée de ne pas pouvoir avoir la péridurale… Je ne voulais pas de projet de naissance, car autour de moi trop de femmes avaient été déçues car leurs accouchements ne s’étaient pas passé exactement comme imaginé. Je rencontre la gynécologue de la maternité au 6eme mois. Elle n’est pas contre laisser faire la nature mais me reoriente vers l’anesthésiste pour les anticoagulants. L’anesthésiste ne laisse pas le choix, ce sera un déclenchement après 39 SA, sur col favorable. C’est difficile de s’opposer à un médecin de 55 ans, pour son premier, surtout avec la menace : si on doit vous faire une césarienne se sera sous anesthésie générale.

J’arrive à 39SA (enfin 39 SA +3) et on commence un suivi. Monito tous les 2-3 jours et vérification du col. Le mercredi, col fermé, pas de contractions.. Le vendredi j’assiste à un enterrement. J’ai des douleurs, mais je suis bien loin de me douter que ce sont des contractions. Samedi matin, monitoring. La sagefemme me dit : vous avez des contractions toutes les 6 mn. C’était donc ca. Col un peu juste (ouvert à 2 mais postérieur) pour être déclenchée pour une primipare. Elle me dit qu’elle est sûre que ça va partir naturellement dans la journée, sinon réexamen le lendemain. Malgré la voiture, promenade, ça ne partira pas ni dans la journée, ni dans la nuit. Retour le lendemain. Je retrouve une sagefemme que je connaissais de la préparation. Les contractions sont toujours là (vous avez du mal dormir… non non ), le col est favorable. Rendez-vous l’après-midi pour déclencher (avec comme ordre de marcher pour que ça parte). Arrivée l’après-midi, on perce la poche des eaux, met la perfusion d’ocytocine. Au bout de 2 heures, j’ai envie de faire pipi, et les contractions deviennent vraiment intenables (contraction sur vessie pleine avec directement la tête du bébé). Du coup on pose la péridurale (c’est le médecin titulaire qui viendra et non l’interne mon cas étant plus compliqué). Je fais une méga chute de tension (classique) . Le travail avance comme dans les livres, 1cm par heure jusqu’à 5 puis 2 par heure jusqu’à 10 puis 2h de descente. 20h, changement de sagefemme.. Elle se rend compte que bébé s’engage en regardant vers le ciel…. Elle fait quelques manœuvres, puis me met dans une position pour qu’il s’engage dans le bon sens.. C’est ok. Ouf pas besoin de forceps. C’est l’heure de pousser. Bébé à une très grosse tête, je ne sens pas trop les contractions, j’ai du mal à pousser efficacement. Heureusement la sagefemme est patiente (elle me laissera pousser 45 mn), bébé sort. Avec une bosse, et la tête bien déformée, moi une petite déchirure. Perimètre cranien 40 cm (oui, c’est vrai). Tout s’est bien passé, les sages femmes malgré la médicalisation ont été super, mais j’ai l’impression d’avoir été spectatrice…

Grossesse suivante, 2 ans après. On a déménagé. Il y a 3 maternités accessibles. Une petite pas physio (ils ne prendront pas mon cas et mes anticoagulants en charge), une très grosse qui déborde (parfois les mamans sont envoyées à 50 ou 100 km en suite de couche), et une moyenne là ou ma nouvelle gynéco fait des gardes. J’avais essayé de m’inscrire en maison de naissance, mais j’ai été refusée…

Je m’inscris à la moyenne. Je fais un projet de naissance (assez simple, pas de déclenchement sauf si nécessité absolue (selon les recommandations officielles), pas de péridurale, peau à peau..). Cette fois l’anesthésiste n’impose rien (vous avez déjà accouché, ça passera). Mais les gynécos voulaient absolument déclencher à 39 SA, peu importe le col (vous êtes sous anticoagulant, « ce n’est pas une raison », votre bébé est trop gros, « il est prévu à 3.7 kg et ce n’est pas une raison », vous faites du diabète gestationnel , « alors faudrait il me l’avoir dit et me suivre… ». Je dis non à tout. Le médecin essaie de me menacer, puis comprend d’un coup que j’ai fait autant d’études que lui (vous faites quoi comme métier ? je suis docteur en chimie, mon mari en biologie, Ah alors vous comprenez mieux les statistiques que moi)

A 39SA +4, on se rend compte que j’assimile mal le sucre (sans doute un diabète gestationnel non diagnostiqué par le test HGPO), le médecin (une autre) présente me laisse jusqu’à 40 SA avant un déclenchement. La sagefemme me fait un examen, le col est favorable, à ma demande elle décolle les membranes, au monito il y a des contractions régulières mais que je ne sens pas. Faux travail le soir, contractions plus fortes toutes les 8 mn, pendant 2-3h. ça se calme. On fait la piqure. Je me réveille le matin. Plus rien. Méthode italienne avec monsieur, puis je décide de partir au supermarché pour marcher (il pleut à vache qui pisse dehors), seule au volant de ma voiture. A la caisse ça commence à tirer. 12h30 Je rentre à la maison, on mange avec monsieur. Ça tire toujours. Monsieur me dit d’aller faire la sieste pour prendre des forces. Mais impossible. En position couchée ça fait mal. Je prends une douche puis me pose devant un truc débile à la télé sur mon ballon. Contractions toutes les 8 mn. 15 h Mr se réveille et vient de voir. 15h15, il me dit on va à la maternité voir ou ça en est. Je lui propose de regarder une série à la télé et d’aviser. 15h30 et deux contractions après il me met de force dans la voiture. On arrive à la maternité. Il y a 10 personnes en salle d’attente. C’est une auxiliaire de puériculture qui fait l’admission. Elle me voit sur une contraction et m’isole. Elle me met dans une salle de pré travail (toutes les salles de travail sont prises, la sagefemme occupée). Elle demande à la sagefemme qui fait les monitorings de fin de grossesse de venir m’examiner (celle de salle d’accouchement étant occupée Il est 16h30, elle m’examine (avant de poser le monito). Je lui dis que je suis désolée, mais hier j’ai fait un faux travail, et que c’est peut-être encore ça. Elle me dit vous êtes à 7 madame. Dans une heure vous aurez accouché… Elle me pose le monito, une infirmière vient me mettre du sérum physiologique en perfusion. 17h15, une salle de travail se libère. Je perds pied. 17h 30 la sagefemme de salle d’accouchement vient me voir (elle n’a pas eu le temps de lire mon dossier). Elle m’examine. Vous êtes à 9, quand ploch… Elle se fait repeindre par les eaux. Mon mari lui dit qu’on ne voit pas les contractions sur le monito. Elle lui dit, je m’en fou, je vois bien que votre femme soufre. Elle repart lire mon dossier et dit qu’elle revient dans 10 mn. 3 mn après on la rappelle (le dossier n’est toujours pas ouvert), j’ai envie de pousser. Là c’est la panique. Elle appelle aune auxiliaire de puériculture, ce sera celle de suite de couche qui viendra (sauf que elle ne savait même pas ou étaient rangées les choses). Elle m’installe en position gynecologique, et je ne suis plus capable de dire non. Elle me dit de pousser, je lui fait pipi dessus (a le serum phy..) La tête sort, mais les épaules moins. Elle me redresse assise les jambes collées à moi. Bébé sort. Exclamation de la sagefemme. Putain il est gros… Et oui 4.3 kg. Sortis naturellement. Elle m’expliquera ensuite qu’elle a accouché 5 bébés en 1h.

La suite de couche fut une horreur (peau à peau raccourci, chambre simple transformée en double avec une voisine qui me traitera de vache à lait car j’allaite, et qui recevait 15 personnes en même temps dans la chambre de 10h le matin à 20h le soir). Personnel nul en allaitement et prêt à  tout pour être tranquille. Enfin surtout surchargé. Ma gyneco réussira à négocier avec le pédiatre pour que je sorte rapidement à condition de ramener le bébé en consultation.

 

On a ensuite déménagé à l’étranger…Ici le suivi de grossesse et l’accouchement est forcément fait par un gynéco. Avant de mettre en route le 3ème, je cherche un gyneco réputé pour la physiologie, et n’ayant pas peur de mes antécédents. On me conseille une franco suédoise d’environ 50 ans. Très gentille. J’habite à 35 mn (quand ça roule) de la maternité ou elle accouche. Ma maman habite à côté de la maternité.

Elle fait tout mon suivi tranquillement. Premier touché vaginal avec ma permission à 40 SA (terme ici). Elle me dit que ma grossesse est physiologique (première fois… J).

Ici on fait un monitoring par semaine à partir de 36 SA (idiot, mais c’est le protocole). Le premier monitoring est mauvais. Le cœur du bébé accélère, 200 battements par minutes. Je dois en refaire un l’après-midi. Heureusement tout est ok.

A 38 SA +5 je fais une grosse chute sur le ventre. J’appelle la maternité les sages-femmes me disent de venir faire un contrôle. Tout va bien. J.

A 39+5 SA je vois ma gynéco. Le col est ouvert à un doigt. Elle me laisse jusqu’à 41 SA +3, avec un monitoring tous les 2 jours (règle ici). Compliqué pour moi, il fait chaud, j’ai deux ainés à m’occuper et aller chercher a l’école/crèche. Mon mari est censé partir en déplacement pour les 41SA+3.

Vendredi, 40 SA+2 monito, la sagefemme me fait un touché à ma demande pour voir ou ça en est. 2.5, postérieur, épais. Elle décolle les membranes. Faux travail le soir. Samedi, je vais marcher en ville (shopping, jeux pour enfant), dimanche monito de contrôle à la maternité. Je dois insister aupres de la sagefemme pour le toucher (ca vous avancera a rien madame) puis le nouveau décollement. Faux travail encore. Il fait toujours très chaud. Lundi on fait 70 km avec maman pour récupérer un colis. Mardi monito, on ne voit pas les contractions. Redecollement. Je prends rendez-vous avec un acuponcteur le mercredi à 13h pour une aide au déclenchement. Mon mari annule son déplacement.

Mercredi matin toujours rien. Je dépose mon grand au bus, mon petit à la crèche. Je croise plein de copines, voisines. Encore là. Ma maman est là. Je prends un bain, puis on décide de partir faire quelques courses, puis d’aller chez elle pour que je puisse aller cher l’acuponcteur à pied de chez elle (1km). Dans le supermarché, une contraction un peu forte, puis durant la demi-heure de trajet jusqu’à chez elle 1 encore. 12h on mange. Encore une ou 2. 12h20 je lui dit que je vais me reposer. Les contractions sont là toutes les 12 mn mais fortes. 12h30 j’ai mon mari au téléphone. On décide que je vais chez l acuponcteur, mais qu’il peut venir à tout moment. 12h50, même si j’ai eu moins de 10 contractions en tout et pour tout, j annule l’acuponcteur, je descends voir ma maman, lui demande de m’amener à la maternité, et appelle mon mari. Je suis persuadé d’y arriver trop tôt, mais ma maman a tendance à s’inquiéter fort.

13h30 on arrive à la maternité. Une étudiante sagefemme me pose le monito. J’ai des contractions fortes, mais toutes les 8 mn et elles ne se voient pas au monito. Mon mari arrive a 13h45, ma mère part. La sagefemme pense que je ne vais pas accoucher. Elle ne se presse pas. Elle finit par m examiner, je suis a 6-7. Elle me fait alors une prise de sang (au cas où), pose un cathéter (rien n’ira dedans), se dépêche de m’emmener en salle de naissance et de prévenir ma gynécologue (qui viendra pour le moment fatidique). L’étudiante reste avec moi tout le temps. Elle a plus la trouille que moi, c’est marrant. On me laisse mettre une tenue pour être à l’aise (pas de blouse ici), mon mari ne s’habille pas en blouse non plus. Je me mets sur le ballon sans monito, je demande le bain. Mais 14h10 la poche des eaux romps. Trop tard pour le bain. Il faut refaire un monito. 14h30, remplacement de sagefemme. La petite étudiante me dit au revoir. La nouvelle sagefemme m’examine pour se rendre compte. Elle ne nous quittera plus jusqu’à la naissance. Je suis à 8, tout est prêt à céder, mais, le bébé n’est pas fixé. Il ne sait pas s’il doit venir en regardant vers le sol ou le ciel. La sagefemme me propose de me mettre dans une position (latérale une jambe en l’air) pour fixer bébé. Elle me prévient que ça va faire mal, mais que ça va être rapide. Ok. 3 ou 4 contractions comme ça (ca a vraiment été horrible) et elle me redresse en position assise, elle appelle la gynéco, c’est l’heure de pousser. Elle n’a pas installé la table. L’a laissée sous forme de lit. Ni mis les étriers. Elle n’a pas allumé fort les lumières. Elle est restée sur le côté de la table en me disant de pousser (enfin je crois que je poussais de moi-même). Ma gynéco est arrivée, m’enlève mon T shirt pour accueillir bébé, m’enlève le monito (oui c’est vrai), s’est mise de l’autre cotée et elles ont laissé faire. La tête arrive, je la touche, puis ma fille sort. 14h52 Elles me la posent sur le ventre. La gynéco arrive avec le bonnet et la couverture. Elle avait préparé l’ocytocine pour la délivrance, mais ne l’injectera pas (mon mari a trouvé que c’était du gâchis). Elles prennent leur temps pour clamper et couper le cordon. Ma fille est toujours sur moi.

La sagefemme me redemande de pousser pour la délivrance. Ça y est. Elle regarde le placenta, a l’impression qu’il est bizarre, demande la la gynéco qui dit juste de vérifier les saignements. Il y a une égratignure. La gynéco laisse comme ça pas de points.

15h10. Ma fille a fait caca (beurk le méconium) sur moi. La sagefemme me propose de lui mettre une couche et de la peser (juste à côté de moi). J’accepte. Aucun autre soin lui sera fait à ce moment-là. Elle m’essuie, revient me la mettre sur moi (entre temps papa a fait une photo). On lui propose le sein. Elle prend son temps. 16h50, elle revient pour préparer la montée en chambre, mais ma louloutte tète toujours. Ce n’est pas grave elle attendra. 17h, elle me propose de me lever pour aller faire pipi (il y a douche et toilettes dans la salle d’accouchement), habille la petite avec mon mari pour la monter en chambre (un body et un pyjama léger).

17h20 on est en chambre. La suite de couche fut agréable, chambre individuelle, disponibilité des sages-femmes énorme de jour comme de nuit, bons conseils. Mon retour à la maison (à J3) accompagnée par une sagefemme libérale adorable et de bon conseil. Si je n’avais pas déjà 3 enfants, je revoudrais un accouchement comme ça.

 

Mathilde.

 

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Violette.

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