[Témoignage] : l’accouchement naturel à la maternité de Marine

Nous sommes au début du troisième trimestre de ma grossesse, et un projet m’obsède. Celui d’accoucher sans péridurale, de manière physiologique. Avant d’être enceinte je ne m’étais pas posé la question. Je pensais de toute façon qu’avoir recours à la péridurale était un acte plus ou moins obligatoire, que c’était comme ça. Mais pendant ma grossesse, j’ai commencé à m’intéresser de près à la question. Car à force de lire des témoignages d’accouchement qui partent en cacahuète à partir de la pose de la péridurale, je commence à m’en méfier. Je me projette dans mon accouchement, et je ne me vois pas attendre sagement qu’on sorte mon bébé de moi. Non, décidément, je sens que j’ai besoin d’être active, de faire naître moi-même ce bébé, avec ma force, mes tripes, mon instinct animal. Je sens que je ne me sentirai pas mère si je ne passe pas par ce rite initiatique, par cette acceptation de la douleur pour en faire mon alliée pour donner naissance à mon bébé.
Deux mois avant mon terme, une amie met au monde son bébé, après un accouchement très long et douloureux, une péridurale qui ne fonctionne qu’à moitié et qui ralenti le travail, une poussée à n’en plus finir. Ce récit a fini par me convaincre définitivement que j’accoucherai physiologiquement, que la péridurale ne passerait pas par moi ! J’ai deux mois pour me préparer. Je ne peux pas compter sur ma sage femme qui n’a elle même jamais accouché sans péridurale et qui ne sait pas comment me préparer à la douleur.
J’ai donc fait ce que je fais toujours lorsqu’un projet me tient à cœur, j’ai lu, je me suis renseignée.
J’avais la trouille d’échouer mais je savais que j’étais bien préparée et surtout convaincue par mon choix.
Jour J, je suis réveillée par des contractions un peu douloureuses, plutôt régulières. Une première, moi qui n’avait eu jusqu’à présent que des contractions non douloureuses. Je me lève, prend un café, puis en fin de matinée je décide de prendre deux spasfon et un bain, histoire de voir si ça se calme. Déception, les contractions se calment puis s’arrêtent. Elles reprennent de plus belle en milieu d’après midi, mais restent très gérables puisque je peux parler pendant les contractions. Cependant, elles sont rapprochées toutes les 2 minutes et ce depuis 3 heures alors nous décidons de partir à la maternité. Je voulais attendre un maximum car je savais qu’une fois là-bas il serait plus difficile de bouger et se détendre entre les contractions. Le personnel m’accueille, monito de contrôle. Les contractions sont régulières mais loin d’être efficaces sur le col, qui est dilaté à 1cm. Je suis déçue, mais je n’ai pas encore si mal que ça donc nous rentrons chez nous car le travail n’a pas vraiment commencé. Il est 19h30 et a peine après avoir franchi la porte d’entrée que je suis prise cette fois ci de contractions très douloureuses. Je fais moins la maline, je ne peux plus parler, je fais des ronds sur mon ballon pendant que chéri mange. Je compte et chronomètre mes contractions. Depuis l’après midi elles sont espacées de 1m30 à 2 minutes, j’ai donc peu de répit entre chaque. A 22h30 je dis à chéri qu’il faut retourner à la maternité même si j’ai peur d’y aller pour rien. Je douille, je fais mes exercices de respiration et de visualisation. A peine le pied posé dans la salle de monitoring, je sens quelque chose couler ! Ma sage femme confirme la fissure de la poche des eaux, c’est pour cette nuit c’est sûr ! Mon col est ouvert à 2cm, il a peu bougé. Je subit 1h30 de monitoring, la position allongée est vraiment désagréable pour gérer les contractions, et j’ai des violentes nausées. Durant un bref moment, le monito cesse de capter le cœur de bébé, mais c’est juste qu’il s’est déplacé. Cet instant de panique me fait perdre ma concentration, et j’ai du mal à bien respirer. Les contractions sont toujours très rapprochées. L’équipe est au courant que je souhaite accoucher naturellement, et me propose de patienter en chambre en attendant que la salle nature soit disponible. Je me lève, et je sens immédiatement une envie de pousser irrésistible. Je préviens la sage femme qui était partie remplir les papiers, elle m’osculte, je suis à 3cm, il est 00h30. Elle me dit d’aller marcher, qu’elle trouve que bébé est encore haut et ne me prend pas vraiment au sérieu quand je lui dit que j’ai envie de pousser.
Nous allons donc tant bien que mal en chambre et on se retrouve tout les deux avec chéri. J’ai très mal, je tourne comme un lion en cage, ne sachant comment me positionner pour me soulager. Dans la chambre il n’y a rien, pas de ballon, je gère tant bien que mal. Je ne veux pas que chéri me touche ou me masse, mais il me sauve avec ses paroles d’encouragement lorsque j’ai l’impression de sombrer, d’être submergée. J’essaie de faire mes exercices de visualisation, mais les contractions sont tellement rapprochées que je n’ai pas le temps de reprendre mes esprits entre chaque. Je sens l’instinct animal s’emparer de moi, il me guide, tous mes sens sont aiguisés, je ne pense à rien d’autre qu’à l’instant présent. Et j’ai toujours ses envies de pousser, que je ne peux pas contrôler et qui me soulagent. La sage femme vient me voir, me demande si ça va. Je lui dit entre deux contractions que j’ai toujours très envie de pousser. Elle ne me prend pas au sérieux, m’explique que c’est peut être bébé qui appuie un peu sur le col. Elle me conseille de prendre une douche, à défaut d’avoir accès à la baignoire de dilatation. Je m’exécute, ça ne me soulage pas vraiment. La sage femme revient, et devant elle j’ai à nouveau ce besoin viscéral de pousser, incontrôlable. Je la vois ouvrir des yeux ronds, puis paniquer un peu. Elle m’examine dans la douche. Mon col est ouvert à 7cm. Il s’est écoulé 1h seulement depuis la dernière occultation à 3cm. Je comprend pourquoi c’est si intense, c’est parce que bébé est pressé ! Je suis emmenée à toute vitesse en salle d’accouchement, en fauteuil roulant. A peine installée sur la table, la sage femme du début (qui confie être surprise de me revoir si vite) me dit que je suis à dilatation complète et que bébé est là. Je dois réfréner encore et encore mes envies de pousser, c’est animal et très difficile a contrôler, en attendant que le gynécologue arrive. Il est enfin là après ce qui m’a paru une éternité (mais chéri dit qu’il est arrivé rapidement). Il m’explique rapidement comment pousser, mais je comprends vite que je n’ai besoin de personne, mon corps sait. Il sait où pousser. Il sait comment pousser. C’est l’instinct de survie, l’instinct maternel. En 3 poussées bébé est là, on me le pose sur moi, il est magnifique, bien plus que ce que je n’aurai jamais pu imaginer. La terre s’est arrêtée de tourner lorsque mes yeux se sont posés sur mon bébé. La douleur a disparu, je ne lui en veut pas elle n’a été que le chemin pour arriver jusqu’à mon bébé. Et lui aussi a fait du bon travail, en symbiose tous les deux pour cet accouchement de rêve, il s’est frayé un chemin jusqu’à moi. Le reste s’est passé sans que je ne m’en rende compte, la délivrance naturelle, un point seulement (une petite déchirure).
Ce jour là je suis devenue mère, je suis devenue femme. Je sais maintenant que mon corps est capable de faire de grandes choses.
J’ai envie de revivre encore et encore ces moments, malgré la douleur, ce jour-là la nature à reprit ses droits et c’était beau, c’était fort, c’était magique.
Merci la vie !

Marine

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