Conseils pour accoucher naturellement : partie 1, pendant la grossesse

 

Vous faites le choix d’accoucher naturellement ? A l’hôpital, en maison de naissance, ou à la maison?

Je vous parle ici de ma propre expérience et de comment j’ai vécu ma grossesse et mon accouchement au naturel. Je ne rejette pas le médical. Je pense juste qu’il n’est pas toujours utile lors d’une grossesse normale. Beaucoup de femmes sont rassurées par un suivi médical, ce qui se comprend bien-sûr, mais d’autres ne savent simplement pas que des alternatives sont possibles. Voici donc des conseils basés sur ma propre expérience. Ils ne conviendront pas à tout le monde, évidemment, mais peut-être mon vécu vous inspirera-t-il !

Partie 1 : Pendant la grossesse 

1.Choix du lieu d’accouchement propice à un accouchement naturel

Je pense qu’il est idéal de choisir un lieu d’accouchement qui soit propice et adapté à un accouchement physiologique. Que ce soit en plateau technique, en maison de naissance, à la maison ou bien en maternité, essayez de trouver un lieu qui soit ouvert à ce type d’accouchement. Si vous n’avez pas le choix et que vous devez le faire à l’hôpital, essayez de trouver un hôpital pro accouchement physiologique, voire ayant le label Ami des bébés (hôpitaux encourageant l’allaitement et le respect de la physiologie). De plus en plus de maternités proposent des salles nature, je trouve ce progrès formidable ! Je consacrerai prochainement un article pour présenter les différentes alternatives propices à un accouchement naturel.

2.Faire le choix d’un suivi avec une sage-femme en libéral

Ce second point est pour moi un des plus importants. J’ai choisi d’être suivie à partir de mon 5ème mois de grossesse par la sage-femme en libéral qui m’a accompagnée le jour de mon accouchement. Si vous avez une grossesse normale, sans pathologie, pourquoi être suivie par un médecin ? Les sages-femmes sont de grandes spécialistes de la grossesse normale. Elles connaissent si bien leur métier et sont de vraies passionnées. Elles sont beaucoup portées sur l’humain, et sont très douces et respectueuses. Au moindre problème ou doute, elles vous redirigeront vers un médecin. Prenez le temps de trouver la personne avec qui vous vous entendez très bien, et qui est sur la même longueur d’onde que vous. Par contre, personnellement je réalisais mes échographies (uniquement les recommandées) avec une gynécologue.

Ainsi, ma sage-femme nous accueillait une fois par mois, pendant plus d’une heure (et plusieurs fois par semaine durant les deux dernières semaines). Elle était d’une grande écoute. Ce n’est que le dernier mois qu’elle pratiquait des touchers vaginaux. Il n’y avait aucune raison d’en réaliser avant puisque tout allait bien. Nous avons tissé un vrai lien, nous sommes même devenues proches. Son côté maternel, sa douceur, sa bienveillance m’ont énormément apportée. Je me suis sentie comprise et respectée. Enfin, lors de l’accouchement, avoir à ses côtés une personne que nous connaissons bien et en qui nous avons confiance reste pour moi essentiel. Cela participe pleinement à la physiologie par la détente, la sécurité et la confiance que cela apporte.

Grace à ce choix, je n’ai pas vécu ce que la majorité de mes proches ont enduré : stress, pression, menaces bien avant le terme (bébé soit-disant trop gros, menaces de déclenchement, etc.), mais aussi sur-médicalisation de la grossesse (touchers vaginaux multiples, test du diabète systématique, échographies répétées,…), etc. Bien-sûr que certaines femmes choisissent cette voie, mais savent-elles réellement qu’il n’est pas utile d’en faire autant ? Certaines ne se laissent-elles pas juste porter par leur médecin?

3.Une préparation indispensable pour comprendre la physiologie de l’accouchement

Cette préparation à la physiologie (comment ça se passe dans notre corps au moment de l’accouchement) est selon moi indispensable pour donner du sens à ce que l’on s’apprête à vivre. En effet, comprendre le rôle des différentes hormones de l’accouchement (ocytocine, endorphine, adrénaline, …), et les mécanismes d’ouverture du corps, du bassin, de l’utérus pour que bébé fasse son chemin vers la sortie est essentiel. Aussi, comprendre que les parois du vagin sont élastiques et physiologiquement faites pour qu’un bébé sorte de cet endroit pourra calmer les peurs de déchirure qu’une femme peut ressentir avant d’accoucher. C’est aussi un moyen de comprendre la douleur, de la percevoir comme normale et utile. Ainsi donc de l’accepter, de l’accompagner.

Voici mes lectures qui m’ont aidée à me préparer à cela :

  • Ma bible reste le livre Le guide de la naissance naturelle : Retrouver le pouvoir de son corps d’Ina May Gaskin, sage-femme américaine. J’ai trouvé ce livre exceptionnel ! Il vous permettra de comprendre la physiologie de l’accouchement, et d’avoir un autre regard sur les pratiques courantes médicales pendant la grossesse et l’accouchement qui ne sont pas toujours nécessaires. C’est aussi un merveilleux livre si vous recherchez des témoignages positifs d’accouchement (toute une partie y est consacrée).  Clairement, ce livre m’a donné envie d’accoucher, envie de vivre ce moment si fort et transcendant ! Mon récit d’accouchement est d’ailleurs similaire à ceux que l’on peut trouver dans ce livre. Je suis persuadée qu’il m’a aidée à le vivre d’une manière relâchée, animale, zen, sans souffrance.
  • Ensuite, j’ai lu le livre Attendre bébé autrement Edition 2018 de Piraud-Rouet Catherine et Sampers-Gendre Emmanuelle. Il m’a beaucoup aidée et appris. Le livre présente les trois trimestres de la grossesse et procure des conseils et des informations concernant chaque trimestre. C’est grâce à lui que j’ai appris les différentes alternatives à l’accouchement médicalisé. Je l’ai trouvé également très intéressant pour avoir des informations sur les pratiques abusives souvent pratiquées (épisiotomie, laxatifs, sonde urinaire, impossibilité de manger et boire, position couchée, forceps, etc.). Il m’a aussi beaucoup aidé à construire mon projet de naissance. Enfin, il y a toute une partie sur les différentes préparations à l’accouchement existantes qui est très intéressante (même si je n’ai pas suivi de préparation personnellement). Je le recommande !
  • Puis, j’ai lu Accoucher sans stress avec la méthode Bonapace (Nouvelle édition en couleurs)de Julie Bonapace. Mon conjoint l’a également lu puisque cette méthode concerne beaucoup le proche qui vous accompagnera pendant l’accouchement. Elle offre au père un rôle actif dans la réduction de la douleur de sa femme. La méthode Bonapace est validée scientifiquement et est fondée sur les principes de neurophysiologie de la douleur.  Ce livre traite aussi parfaitement de la physiologie de l’accouchement pour comprendre pourquoi le travail se déroule de cette manière. Il propose différents «outils» pour se préparer à la naissance, gérer les sensations intenses aussi bien pendant la grossesse que l’accouchement (douleurs, stress..) et surtout aide à rester zen face à tous les imprévus auxquels l’accouchement pourrait nous confronter. Il s’agit par exemple d’exercices de respiration, de postures de yoga, ou de psychologie positive pour favoriser la relaxation à tout moment. Personnellement, je m’en suis surtout servie pour comprendre la physiologie de l’accouchement et pour les postures de yoga. Pour le reste, je n’avais pas envie d’apprendre des techniques de gestion de la douleur (je vous explique pourquoi un peu plus bas). Par contre, mon compagnon a appris les différents massages et points d’accu-pression avec stimulation douloureuse qui ont pour rôle d’activer le travail et d’abaisser le ressenti de douleur des contractions. Nous l’avons pratiqué une trentaine de minutes au début de mon accouchement, j’ai trouvé cela intéressant et efficace. Cependant, je n’en ai pas eu besoin pour le reste de l’accouchement. Je n’y ai même plus pensé tellement j’étais entrée dans une bulle, loin, loin, loin.
  • Enfin, j’ai lu  le livre J’accouche bientôt : Que faire de la douleur ? de Maïtie Trélaün. J’ai énormément apprécié la partie concernant la différence entre souffrance et douleur et les mécanismes de chacune. La souffrance est diffuse, submergeante, incontrôlable, négative. La douleur est localisée, contrôlable, pas envahissante. Si vous vous interrogez sur la douleur, ses mécanismes et le choix de la péridurale, ce livre est fait pour vous. Il explique également très bien la physiologie de l’accouchement. Il permet d’être actrice de son accouchement et de donner du sens à ce qu’on a déjà vécu ou à ce que l’on s’apprête à vivre.

4.Absence de préparation à l’accouchement :

Lorsque j’écris que je n’ai pas réalisé de préparation à l’accouchement, je parle des cours de préparation proposant différents outils et techniques. Je me suis bien sûr préparée, mais surtout par mes lectures sur la physiologie de l’accouchement, puis avec ma sage-femme. Celle-ci prônait une non-préparation à la naissance pour que la femme puisse pleinement lâcher prise. Pour elle, accoucher naturellement va de pair avec l’absence de contrôle, le retour à l’animal et à l’instinct. J’ai de suite adhéré à cette pensée. En effet, en apprenant des techniques et des outils dans le but de gérer la douleur, la contrôler, nous ne lâchons pas prise. Cela empêche la femme d’entrer dans cette bulle qui ne contient ni pensées, ni intellect, ni raison. Une bulle où nous ne devenons qu’animal et instinct. C’est effectivement ce que j’ai vécu. Je suis parvenue à lâcher prise complètement et à vivre ce repli sur soi animal.

5.S’éloigner des personnes qui vous sont néfastes

Durant ma grossesse, j’ai croisé beaucoup de proches et moins proches qui m’ont raconté leur accouchements traumatiques, qui voulaient me dissuader d’accoucher naturellement, ou qui ne croyaient pas en moi. Pour plus de détails sur ce que j’ai vécu à ce sujet je vous invite à lire mon récit d’accouchement ici. J’ai donc tout simplement cessé de fréquenter (durant ma grossesse) toutes ces personnes qui m’enfonçaient plutôt que m’élevaient. L’effet du stress est très néfaste pour se préparer à accoucher naturellement. C’est aussi pour cette raison que nous n’avons dit à personne notre projet d’accouchement à domicile. Réfléchissez vous aussi au fait de dire ou non à vos proches vos projets d’accouchement. C’est un sujet trop sensible…

Faites donc le tri autour de vous et concentrez-vous sur les récits d’accouchement positifs. Puis, gardez toujours en tête ces belles paroles d’Ina May Gaskin :

« We are the only species of mammals that doubts our capacity to give birth »

« Nous sommes la seule espèce de mammifères à douter de nos capacités à donner la vie »

6.Déconnecter, entrer dans sa bulle

Ainsi, le sixième conseil que je peux vous donner est la déconnexion avec le monde, avec les réseaux sociaux (bon, peut-être pas avec votre groupe Facebook préféré qui vous soutient), et avec certaines personnes de votre entourage durant les dernières semaines (ou la dernière semaine au moins). Personnellement, ce repli sur moi, sur mon couple a commencé un mois avant l’accouchement. J’observais lentement ma conscience s’éloigner du monde. J’avais de plus en plus besoin de me retrouver et de me centrer sur mon bébé et mon couple, et sur ce que nous nous apprêtions à partager. Chaque jour nous partions nous promener dans la forêt aux alentours. Dans cette nature, loin du brouhaha quotidien, je sentais une forte connexion à mon bébé. Ainsi, cet état de bulle, ce devenir animal a commencé lentement et bien avant d’accoucher pour moi. Il est devenu total le jour de l’accouchement.

7.Les visualisations

Durant ce dernier mois, j’ai pratiqué certains exercices de visualisation. J’imaginais m’imprégner de la force des arbres de cette forêt qui m’entourait lors de mes promenades journalières. Me connecter à la nature m’a beaucoup aidée à me préparer à vivre cet accouchement naturel.

Je pratiquais la respiration sophrologique suivante :

Imaginez un lieu de nature, si vous ne vous y trouvez pas déjà.

Lente et profonde inspiration en imaginant la force, la solidité et l’énergie positive de la nature, des arbres, qui pénètre en vous.

Lente expiration et installation de toutes ces sensations dans tout votre être, dans chaque cellule de votre corps. 

Cette pratique m’a beaucoup aidée à me sentir forte, confiante et solide.

Les derniers jours avant le terme, je visualisais également mon bébé qui descend et mon utérus qui s’ouvre telle une fleur.

Et vous, ces conseils vous parlent-ils? Qu’avez-vous mis en place pour vous préparer à accoucher naturellement?

A très vite pour une 2ème partie portant sur les conseils pour le Jour J de votre accouchement naturel.

😉

Violette.

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4 commentaires sur « Conseils pour accoucher naturellement : partie 1, pendant la grossesse »

  1. J’ai lu “accoucher sans péridurale” d’Aurelie Surmely. Il ma vraiment conforté dans mon choix d’accoucher sans péridurale. Notre corps est fait pour ça. Depuis la nuit des temps les femmes accouchent naturellement, alors pourquoi n’en serions nous plus capables? La douleur de l’accouchement ne m’a jamais fait peur, je crois que là est une des clés pour accoucher sans péri. Je me sens prête et j’ai même hâte d’être à mon accouchement (je suis à 37sa pile poil alors ça va pas tarder)! Tes articles sont très intéressants et confirment les infos que j’ai pu trouver….

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    1. Exactement 🙂 J’avais hâte aussi ! As-tu lu la naissance naturelle d’Ina May Gaskin ? vraiment le top pour moi ! Bonne fin de grossesse à toi, et profite de ce moment magique lors de ton accouchement 😀

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